Chargement en cours...

Aperçu de l’exposition

Du 4 avril au 16 juin 2019, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Jeunes Artistes en Europe. Les Métamorphoses, une exposition consacrée à la diversité des voix et à la vitalité des échanges qui animent le vaste territoire artistique européen. Elle réunit 21 artistes, issus de 16 pays, s’exprimant à travers la peinture, la sculpture, la mode, le design ou le film. L’exposition sera également rythmée par un ambitieux programme de Soirées Nomades. Premier volet d’une série d’expositions sur les jeunes scènes artistiques à travers le monde, Les Métamorphoses célèbre une nouvelle génération de créateurs incarnant le visage de l’Europe d’aujourd’hui et de demain.

Avec les œuvres de :
  • Gabriel Abrantes,
  • Magnus Andersen,
  • Evgeny Antufiev,
  • Charlie Billingham,
  • Kasper Bosmans,
  • Formafantasma,
  • Benjamin Graindorge,
  • Miryam Haddad,
  • Klára Hosnedlová,
  • Nika Kutateladze,
  • Piotr Łakomy,
  • Lap-See Lam,
  • Kostas Lambridis,
  • Kris Lemsalu,
  • George Rouy,
  • John Skoog,
  • Tenant of Culture,
  • Alexandros Vasmoulakis,
  • Marion Verboom,
  • Jonathan Vinel,
  • Raphaela Vogel

L’exposition en détails

Pendant un an, l’équipe de la Fondation Cartier est partie à la rencontre de jeunes artistes à travers le continent européen, au-delà des frontières politiques de l’Europe. Ce vaste travail de recherche l’a menée dans 29 pays, à la découverte de plus de 200 artistes choisis parmi près d’un millier de créateurs repérés en amont. Initiée sans idée préconçue ni mot d’ordre, cette quête a abouti à une sélection volontairement resserrée d’une vingtaine d’artistes afin de donner à chacun l’espace nécessaire à une découverte approfondie de son œuvre.

Nés entre 1980 et 1994, ces artistes ont grandi après la chute du mur de Berlin, dans un continent encore jeune au regard des bouleversements récents qui ont profondément redéfini ses contours. Ils sont français, géorgiens, grecs, portugais, anglais, polonais ou même nés hors d’Europe. La plupart d’entre eux se sont formés ou vivent ailleurs que dans leur pays d’origine. Si certains, à l’instar de l’Estonienne Kris Lemsalu ou du Russe Evgeny Antufiev, jouissent déjà d’une reconnaissance dans de nombreux pays, ils n’ont pour autant jamais fait l’objet de présentation d’ampleur dans des institutions françaises. D’autres, comme le Géorgien Nika Kutateladze, présentent ici pour la première fois leur travail en dehors de leur pays.

L’exposition trouve son titre dans les multiples métamorphoses qui traversent les créations de tous ces artistes. Leurs esthétiques souvent fragmentées révèlent un intérêt pour l’hybridation, le collage et l’archéologie. En s’appuyant sur les legs du passé, les traditions folkloriques ou les mémoires collectives, en s’emparant de savoir-faire comme le moulage, la céramique ou la broderie, les artistes recomposent avec des matériaux souvent collectés des formes radicalement contemporaines. La sculptrice française Marion Verboomdresse un paysage de colonnes composé d’éléments architecturaux issus d’époques différentes. D’autres œuvres plus narratives mêlent également passé, présent et futur. Des légendes modernes ou anciennes inspirent ainsi au peintre belge Kasper Bosmans des tableaux à mi-chemin entre rébus et peintures héraldiques. L’artiste et cinéaste suédois John Skoog suit une procession rituelle de personnages vêtus de masques et de costumes d’inspiration animale dans le Bade-Wurtemberg en Allemagne. Dans sa série L’Éducation régionale, inspirée d’œuvres majeures de la période rococo en Angleterre à la fin du 18e siècle, le peintre danois Magnus Andersen capte la douce mélancolie d’adolescents tiraillés entre tradition et modernité. C’est depuis un futur imaginé que la Suédoise Lap-See Lam raconte, dans son film étrangement pictural, une histoire fictionnelle et intime de la diaspora chinoise en Suède. Quant au cinéaste français Jonathan Vinel, il se sert des possibilités du jeu vidéo Grand Theft Auto V pour mettre en scène un jeune homme esseulé, dont tous les proches ont subitement disparu, errant dans une ville hostile, miroir à peine déformant de nos villes contemporaines.

Galerie d’images

Miryam Haddad, La Chute, 2018. Courtesy de l’artiste et Art:Concept, Paris.


© Miryam Haddad.

Photo

© Claire Dorn.

Kris Lemsalu, So Let us Melt and Make no Noise, 2017. Temnikova & Kasela Gallery, Tallinn et galerie Koppe Astner, Glasgow.


© Kris Lemsalu. © Temnikova & Kasela Gallery. © Koppe Astner gallery.

Photo

© Robert Glowacki.

Kostas Lambridis, The Elemental Cabinet, 2017. Collection Carpenters Workshop Gallery, Londres.


© Kostas Lambridis.

Photo

© Yen-An Chen.

Jonathan Vinel, Martin pleure (still), 2016.


© Jonathan Vinel. © Ecce Films.

George Rouy, Stutter, 2017. Collection Hugh Monk, Londres. Courtesy de l’artiste et de Hannah Barry Gallery, Londres.


© George Rouy.

Photo

© Damian Griffiths.

Tout en soulignant les correspondances qui relient ces artistes, Les Métamorphoses s’attache avant tout à montrer chacun d’eux dans sa singularité. L’exposition place ainsi face à face les grandes compositions du peintre anglais George Rouy, portraits de personnages à l’identité ambiguë, et celles de l’artiste syrienne vivant en France Miryam Haddad, saturées de couleurs, dont on ne sait si elles figurent un joyeux désordre ou une tragédie. Elle fait se côtoyer une installation intime et savamment maîtrisée de la Tchèque Klára Hosnedlová avec les œuvres saisissantes et énigmatiques de l’Allemande Raphaela Vogel ou la farce subtile du réalisateur portugais Gabriel Abrantes. Elle présente aussi des artistes dont les démarches semblables aboutissent pourtant à des formes singulières, comme pour le duo de designers italiens Formafantasma et l’artiste néerlandaise Tenant of Culture, qui transforment tous deux en objets d’art des produits de consommation abandonnés ou obsolètes : alors que les premiers créent des objets à l’esthétique volontairement épurée à partir de déchets électroniques, Tenant of Culture assemble des vêtements de seconde main pour créer des œuvres portant en elles tout à la fois la trace de leur histoire passée et de préoccupations contemporaines.

Portée par une scénographie du designer français Benjamin Graindorge, l’exposition a été conçue en étroite collaboration avec les artistes. Onze d’entre eux ont choisi d’imaginer des œuvres in situ, dont le peintre grec Alexandros Vasmoulakis, le sculpteur polonais Piotr Łakomy, le peintre anglais Charlie Billingham ou le designer grec Kostas Lambridis.

En parallèle de l’exposition, une programmation d’événements réalisés en collaboration avec des artistes – Soirées Nomades, Nuit de l’Incertitude et ateliers Jeune Public – atteste de la capacité de cette jeune génération à regarder le passé et à s’en emparer. Chaque jeudi, les Soirées Nomades offriront un tour d’Europe des disciplines performatives, de la réalité virtuelle à la musique traditionnelle revisitée, en passant par le rap, la danse ou le jeu vidéo. Qu’ils viennent d’Arménie, de Hongrie, d’Irlande ou de Lituanie, les projets présentés témoignent tous d’une envie commune : traverser les frontières, rencontrer l’autre, créer ensemble.

Commissaire: Thomas Delamarre assisté de Sidney Gérard
Commissaire associée: Leanne Sacramone assistée de Sonia Digianantonio