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Raymond Hains, L’œuvre en chantier. Du Grand Louvre aux 3 Cartier

Raymond Hains, Sans titre, 1994

Raymond Hains nous invite à une déambulation dans l’espace et le temps, suivant une pensée libre et espiègle qui caractérise l’ensemble de son œuvre. Nous vous invitons par ce parcours à suivre ses pas, des abords du musée du Louvre aux plages de Saint-Malo, en passant par Londres.

Raymond Hains, Ombres, 1994 © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain
Raymond Hains, Ombres, 1994 © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026 Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain

De l’Archive à l’œuvre

L’œuvre de Raymond Hains relève d’une entreprise de recherche, nourrie par ses lectures, ses voyages et ses rencontres. L’artiste accumule ouvrages et documents qu’il classe dans des boîtes d’archives colorées et des valises de la Marine nationale. Celles-ci rassemblent principalement ses lectures, mais aussi des photographies, des guides de voyages et parfois des objets ; le tout trié par thème. Ces boîtes et leur contenu s’empilent dans son appartement rue d’Odessa à Paris, ainsi que dans les chambres d’hôtel qu’il occupe au fil de ses déplacements.

Raymond Hains, Hôtel Windsor, Nice, 1992 Ⓒ François Fernandez
Raymond Hains, Hôtel Windsor, Nice, 1992 Ⓒ François Fernandez

Du chantier du Grand Louvre aux ruines de Saint-Malo

Le chantier du Grand Louvre, vaste projet de modernisation du musée comprenant la construction de la pyramide de I. M. Pei, constitue pour Raymond Hains un lieu d’associations multiples, où se nouent des liens entre les époques. Il y photographie des échafaudages, des blocs de béton sur palettes ou encore des tuyaux en plastique émergeant du sol. À ses yeux, ce sont des « sculptures de trottoir », anonymes et fortuites, qui font écho aux paysages de ruines à Saint-Malo et aux alentours qu’il photographie après la guerre.

  • Raymond Hains, Sans titre, 1994 © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026 ​  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
  • Raymond Hains, Sans titre, La Porte d’Émeraude à Dinard, 1944.
    Raymond Hains, Sans titre, La Porte d’Émeraude à Dinard, 1944. © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain

De Saint-Malo à Dinard

Raymond Hains associe Jacques Cartier, dirigeant de la Maison Cartier à Londres, à son homonyme, le navigateur malouin et explorateur du Canada. L’histoire ce dernier renvoie Raymond Hains à ses propres souvenirs. Enfant, il passait ses vacances à Dinard, dans la maison de son grand-père, située rue Jacques Cartier. Ses recherches sur ce dernier le ramènent à Saint-Malo, où il photographie le manoir de Limoëlou, où Jacques Cartier vécut à son retour de voyage. La verticalité des brise-lames de Saint-Malo dressés face à la mer fait elle-même écho aux palissades de chantier découvertes en 1958, dans l’entrepôt Bompaire où étaient stockés des panneaux d’affichage. La palissade s’impose alors comme un élément récurrent de son œuvre dès 1959. Hains fera aussi des Brise-lames une œuvre à part entière, aujourd’hui présentée à la Fondation Cartier.

Raymond Hains, Les Brise-lames, plage du Sillon, Saint-Malo, 1990.
Raymond Hains, Les Brise-lames, plage du Sillon, Saint-Malo, 1990. © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain

De la pelle de plage à l’Appel du 18 juin

Raymond Hains associe Jacques Cartier, dirigeant de la Maison Cartier à Londres, à son homonyme, le navigateur malouin et explorateur du Canada. L’histoire ce dernier renvoie Raymond Hains à ses propres souvenirs. Enfant, il passait ses vacances à Dinard, dans la maison de son grand-père, située rue Jacques Cartier. Ses recherches sur ce dernier le ramènent à Saint-Malo, où il photographie le manoir de Limoëlou, où Jacques Cartier vécut à son retour de voyage. La verticalité des brise-lames de Saint-Malo dressés face à la mer fait elle-même écho aux palissades de chantier découvertes en 1958, dans l’entrepôt Bompaire où étaient stockés des panneaux d’affichage. La palissade s’impose alors comme un élément récurrent de son œuvre dès 1959. Hains fera aussi des Brise-lames une œuvre à part entière, aujourd’hui présentée à la Fondation Cartier.

  • Raymond Hains, Les pelles de la plage du Sillon, Dinard, 1990 ​  © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026 ​  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain
    Raymond Hains, Les pelles de la plage du Sillon, Dinard, 1990 ​ © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026 ​ Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain
  • Raymond Hains, Hommage au marquis de Bièvre, Boutique rue de la Paix en rénovation, jour, 1986 ​  © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026 ​  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain
    Raymond Hains, Hommage au marquis de Bièvre, Boutique rue de la Paix en rénovation, jour, 1986 ​ © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026 ​ Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain
Raymond Hains, Ombre, Manoir de Limoëlou, Saint-Malo, 1994  © Adagp, Paris, 2026

Raymond Hains (1926-2005)

Raymond Hains étudie à l’École des beaux-arts de Rennes avant de s’installer à Paris. Au fil de 60 années sur la scène artistique, d’abord française puis internationale, il a cultivé l’image d’un touche-à-tout autant espiègle qu’insaisissable. Dès ses débuts, il s’intéresse à la photographie expérimentale et met au point un dispositif de prise de vue à travers des verres cannelés, à l’origine de films abstraits et de photographies dites « hypnagogiques ». À partir de 1949, il entame un travail sur les affiches lacérées prélevées directement dans la rue.

Raymond Hains et la Fondation Cartier

En 1986, Raymond Hains, investit la Fondation Cartier alors située à Jouy-en-Josas, pour une exposition intitulée « Hommage au Marquis de Bièvre ». Raymond Hains y convoquait une constellation de figures, allant de l’artiste Jean-Pierre Raynaud dont une œuvre était alors exposée dans le parc de la fondation, à des personnalités historiques et intellectuelles telles que Vercingétorix, Freud, sans oublier le Marquis de Bièvre, dont la contribution à l’Encyclopédie de Diderot par la définition du mot « Kalembour » était mise en lumière.

Une nouvelle exposition de l’artiste ; « Du Grand Louvre au 3 Cartier » est organisée en 1994 dans les espaces de la Fondation Cartier, cette fois-ci installée Boulevard Raspail dans le XIVe arrondissement de Paris. À l’endroit même où était établie la propriété de François René de Chateaubriand, natif de Saint-Malo, tout comme Jacques Cartier. Pour cette exposition, Raymond Hains a fait venir depuis Saint-Malo un ensemble de brise lames où Chateaubriand puis Raymond Hains ont joué  enfant à un peu plus d'un siècle d'écart. C’est en préparant cette exposition qu’il élabora  l’association entre ces trois Cartier que nous retrouvons dans la galerie Valois et qu’il conçoit l’installation présentée aujourd’hui place du Palais-Royal.

La personnalité et les œuvres de Raymond Hains accompagnent la programmation de la Fondation Cartier depuis quatre décennies, elles ont été intégrées aux expositions Too French, 1992 Amours, 1997 ; Mémoires Vives, 2014. Actuellement les Brise-lames et un ensemble de tirages d’époque sont présentées au sein de l’Exposition Générale (2025-2026).

Exposition Générale

Exposition Générale

En octobre 2025, la Fondation Cartier inaugure ses nouveaux espaces au cœur de Paris avec Exposition Générale, une présentation historique de sa collection. Le catalogue de l’exposition offre un vaste panorama de la création artistique contemporaine.
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Les œuvres Place du Palais-Royal

  • Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
  • Raymond Hains, Sans titre, 1994. Dimensions  Copie d’exposition  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain  © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
  • Raymond Hains, Sans titre, 1994. Dimensions  Copie d’exposition  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain  © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
  • Raymond Hains, Sans titre, 1994. Dimensions  Copie d’exposition  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain  © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
  • Raymond Hains, Sans titre, 1994. Dimensions  Copie d’exposition  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain  © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
  • Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition.  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain  © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026  © Fernand Léger Fernand Léger, Les Constructeurs (état définitif), Biot, musée national Fernand Léger © Editions Skira  L’art en Europe, Les années décisives, 1945-1953, 1987
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026. Editions Skira, L’art en Europe, Les années décisives, 1945-1953, 1987. Fernand Léger, Les Constructeurs (état définitif), 1950 (détail), huile sur toile, 301 x 218,6 cm, Biot, musée national Fernand Léger
  • Raymond Hains, Sans titre, 1994. Dimensions  Copie d’exposition  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain  © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
  • Sans Titre   1994   Raymond Hains
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition. Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
  • Raymond Hains, Sans titre, 1994. Dimensions  Copie d’exposition  Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain  © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Dimensions Copie d’exposition Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026
  • Raymond Hains, Sans titre, 1994
    Raymond Hains, Sans titre, 1994. Copie d’exposition Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain. © Raymond Hains, Adagp, Paris, 2026 Ieoh Ming Pei, La Pyramide du Louvre, 1989 © PEI Architects

Crédits

Place du Palais-Royal
Design : FormaFantasma
Conception graphique : DeValence
Production :  Metalobil

Galerie Valois
Conception scénographique et graphique : Lacasta Design
Design et production : Gesture