Le Temps de la parole, autour de l’exposition (annulé)
- Événements, Paris
- Sam 24 oct. 2026, 11:00 → 18:30
Adresse
Parliament of Ghosts
Fondation Cartier pour l'art contemporain
2, Place du Palais-Royal
Les Temps de la parole invitent les visiteurs à prendre place au sein de l’installation Parliament of Ghosts, conçue comme un espace d’échange et une agora. Ces rendez-vous réunissent les artistes de l’exposition ainsi que des artistes invités en dialogue avec la pratique d’Ibrahim Mahama, des écoles d’art et institutions partenaires.
Le samedi 24 octobre, une journée de rencontres mettra en dialogue les artistes du Temps des récoltes avec des penseurs, chercheurs, architectes et artistes. À partir des œuvres de l’exposition et de l’histoire de Parliament of Ghosts, cette programmation propose d’approfondir certains axes constitutifs du projet à travers des échanges croisés entre différentes disciplines.
Programme
11h30 : Keynote d’Ibrahim Mahama
12h : Musées, restitutions et devenir des collections coloniales
Bénédicte Savoy, historienne de l’art et professeure à la Technische Universität Berlin
Anne Lafont, historienne de l’art et professeure à l’EHESS, Paris
Ibrahim Mahama, artiste de l’exposition
Ced’art Tamasala, artiste de l’exposition et membre du CATPC
Modération : Aby Gaye-Duparc13h : Photographier l’indépendance du Ghana
James Barnor, photographe et artiste de l’exposition
Damarice Amao, conservatrice au cabinet de la photographie, au MNAM-Centre Pompidou
Modération : Chiara Agradi
14h30 : Terres, plantations et extractivisme
Agata Nguyen Chuong, architecte, Forensic Architecture
Feda Wardak, architecte et artiste de l’exposition
Ced’art Tamasala, artiste de l’exposition et membre du CATPC
Modération : Jeanne Barral
15h30 : Solidarités transnationales et héritage des non-alignés
Tjaša Rener, artiste de l’exposition
Zola Chichmintseva-Kondamambou, curatrice et médiatrice culturelle
Zohra Opoku, artiste de l’exposition
Modération : Aby Gaye-Duparc
16h30 : Textiles, savoir-faire et transmission
N’Goné Fall, commissaire d’exposition
Dorothy Akpene Amenuke, artiste de l’exposition
Bernard Akoi-Jackson, artiste et professeur à la Kwame Nkrumah University of Science and Technology (KNUST)
Zohra Opoku, artiste de l’exposition
Modération : Jeanne Barral
17h30 : Construire autrement, architecture et contexte postcolonial
Meriem Chabani, architecte et fondatrice de l'agence NEW SOUTH, Paris
Courage Dzidula Kpodo, architecte et artiste de l’exposition
Feda Wardak, architecte et artiste de l’exposition
Modération : Aby Gaye-Duparc
Biographies
Bernard Akoi-Jackson
Bernard Akoi-Jackson est un artiste, commissaire d’exposition, écrivain et professeur ghanéen. Il vit et travaille entre Accra, Tema et Kumasi, au Ghana. Titulaire d’un doctorat en peinture et sculpture de la Kwame Nkrumah University of Science en Technology (KNUST) à Kumasi, il y enseigne également. Ses recherches et son enseignement portent sur la disruption, la performativité et le potentiel révolutionnaire à l’œuvre dans les pratiques artistiques contemporaines. Sa démarche artistique, résolument multidisciplinaire, implique directement le public et englobe la peinture, la sculpture, l’installation, la performance, la photographie, la vidéo, le texte, la poésie et la danse. À travers des « pseudo-rituels » performatifs et des installations immersives, il examine les identités africaines postcoloniales, en accordant une attention particulière aux procédures bureaucratiques et autres vestiges coloniaux, à l’origine de situations absurdes, bloquées ou circulaires.
Dorothy Akpene Amenuke
Née en 1968 au Ghana, Dorothy Akpene Amenuke vit et travaille à Kumasi, où elle enseigne à la Kwame Nkrumah University of Science and Technology (KNUST) depuis 2009, devenant alors la première femme professeure du Department of Painting and Sculpture. Animée par un engagement communautaire fondé sur le soin, le partage et la transmission, elle implique les membres de sa famille, ses étudiants et ses pairs dans la conception et la réalisation de ses œuvres. Dès les années 1990, le travail de Dorothy A. Amenuke s’inscrit en rupture avec l’héritage académique qu’elle a reçu et en renouvelle le vocabulaire sculptural. S’inspirant des matériaux de son environnement quotidien — couvertures en patchwork, nattes en pandanus, sacs plastiques —, elle envisage le textile comme une matière sculpturale à part entière, qu’elle façonne à l’instar de l’argile ou du bois.
Damarice Amao
Damarice Amao est docteure en histoire de l’art. Son expertise porte sur la photographie moderne française et européenne de l’entre-deux-guerres. Elle a assuré au Centre Pompidou le commissariat de Décadrage colonial. Surréalisme, Anticolonialisme, Photographie moderne (2022) et a été co-commissaire de Dora Maar (2019) et de Photographie, arme de classe (2018). Aux Rencontres d’Arles, elle a récemment été commissaire de Ghana ! Rêver l’Indépendance, 1957-1976 (2026). Elle contribue à de nombreuses publications et catalogues d’exposition dont récemment Wolfgang Tillmans (2025), Lisette Model (2025). Elle est conservatrice au service de la collection de photographies du MNAM-Centre Pompidou.
James Barnor
L’œuvre de James Barnor (né au Ghana en 1929) s’étend sur plus de sept décennies, traverse les continents et couvre divers genres photographiques, du portrait en studio à la photographie en extérieur. Considéré comme un pionnier de la photographie en Afrique, il a fondé le studio Ever Young à Accra en 1953, un lieu clé pour la société ghanéenne en route vers l’indépendance. En 1959, après avoir documenté l’indépendance du Ghana, James Barnor s’installe à Londres pour perfectionner ses compétences techniques. Il y capture l’effervescence de la capitale dans les années 1960. À la fin des années 1960, il retourne au Ghana pour établir le premier laboratoire de photographie couleur du pays. Aujourd’hui âgé de 97 ans, James Barnor réside à Londres, où il se consacre à l’organisation de son fonds photographique et à la transmission du patrimoine culturel et industriel du Ghana aux jeunes générations.
Meriem Chabani
Née à Alger et basée à Paris, Meriem Chabani est architecte et fondatrice de l’agence NEW SOUTH. À l’intersection de la maîtrise d’œuvre et de la recherche, elle défend une approche décoloniale de l’architecture. Elle est actuellement finaliste pour le Musée national de l’esclavage (The Nationaal Slavernijmuseum ) à Amsterdam. Régulièrement distinguée, elle reçoit en 2020 le prix Europe 40 Under 40. En 2023, AMC la reconnaît parmi les figures féminines émergentes de la profession. En 2025, Le Monde la désigne comme l’une des personnalités à suivre dans le monde de la culture.
Zola Chichmintseva-Kondamambou
Zola Chichmintseva-Kondamambou est une curatrice et une médiatrice culturelle travaillant à l’intersection des cultures afro-diasporiques et des espaces dits post-socialistes et « post-soviétiques » décortiquant le regard (dé)colonial sur les cultures, les mémoires et les langues. Transdisciplinaires, ces approches et projets prennent la forme de débats d’idées et d’échanges, de mise en archive d’histoires orales, et d’expositions. Le travail de Zola prend appui sur les histoires coloniales, leurs diffusions et implications afin d’interroger nos réalités politiques et culturelles contemporaines. Diplômée de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et de Sciences Po Strasbourg, Zola a collaboré avec Manifesta (the European Nomadic Biennial), la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, la Maison de la Culture d’Amiens, la Gaîté Lyrique et la MansA—Maison des Mondes Africains.
N’Goné Fall
N’Goné Fall est commissaire d’exposition et spécialiste en ingénierie culturelle. Directrice éditoriale du magazine Revue Noire (1994 – 2001), elle a conçu des expositions en Afrique, en Europe et aux États-Unis. Auteure de plans d’orientation stratégique pour des institutions nationales et internationales, elle a enseigné à l’Université Senghor d’Alexandrie, à la Michaelis School of Fine Art du Cap et à l’Université Abdou Moumouni de Niamey. Elle a été la Commissaire générale de la Saison Africa2020, une série de plus de 1 500 événements culturels, scientifiques et pédagogiques organisés en France de décembre 2020 à septembre 2021.
Courage Dzidula Kpodo
Né en 1999 à Accra, au Ghana, Courage Dzidula Kpodo est architecte et artiste. Il s’est formé au sein du Department of Architecture de la Kwame Nkrumah University of Science and Technology (KNUST) à Kumasi, au Ghana, et au Massachusetts Institute of Technology (MIT), aux États-Unis. Dans sa pratique, Courage D. Kpodo se pose comme archéologue du patrimoine matériel du XXe siècle, et notamment du courant architectural du modernisme tropical tel qu’il émerge en Afrique de l’Ouest avant les indépendances et se développe ensuite grâce à des architectes locaux appliquant les principes modernistes aux contextes tropicaux. Courage D. Kpodo s’écarte des édifices monumentaux traditionnellement mis en avant par les archives, les politiques de restauration patrimoniale et l’enseignement de l’architecture pour valoriser une architecture vernaculaire.
Anne Lafont
Anne Lafont est historienne de l’art et directrice d’études à l’EHESS. Elle s’intéresse à l’art dans l’Atlantique noir. En 2019, elle a publié un ouvrage intitulé L’art et la Race. L’Africain (tout) contre l’œil des Lumières et participé à l’exposition Le modèle noir de Géricault à Matisse (Musée d'Orsay). Elle a codirigé, avec François-Xavier Fauvelle, le livre L’Afrique et le monde. Histoires renouées (2022). Son dernier ouvrage, publié au Brésil, s’intitule A Arte dos mundos negros : historia, teoria, critica (2023).
Ibrahim Mahama
Né en 1987 à Tamale, au Ghana, Ibrahim Mahama crée des œuvres à partir de matériaux collectés, d’archives et de fragments du patrimoine industriel ghanéen. La toile de jute, emblématique de son travail, se déploie comme élément de scénographie. Ses tissages sont réalisés avec des sacs utilisés pour transporter le cacao et le charbon puis récupérés auprès d’usagers, conservant les traces d’une histoire du travail manuel et des circulations économiques internationales. Formé dès 2006 à la Kwame Nkrumah University of Science and Technology (KNUST) à Kumasi, au Ghana, Ibrahim Mahama y développe sa pratique singulière de collecte et d’assemblage de matériaux bruts, donnant naissance à des installations monumentales qui se déploient dans les espaces publics et interrogent la mémoire de son pays. Il a fondé à Tamale le Savannah Centre for Contemporary Art (2019), Red Clay (2020) et Nkrumah Voli-ni (2022), trois centres d’art dédiés à la création, à la préservation du patrimoine et à la transmission aux jeunes générations.
Agata Nguyen Chuong
Agata Nguyen Chuong est chercheuse principale au sein de Forensic Architecture et doctorante au Centre for Research Architecture de Goldsmiths, Université de Londres. Elle dirige les recherches de Forensic Architecture sur le génocide des Héréro et des Nama dans l'actuelle Namibie, en se concentrant sur la mise en évidence des héritages de la violence environnementale et coloniale et sur le développement de méthodologies en soutien aux revendications et au plaidoyer des peuples autochtones. Son projet de doctorat développe la notion de « continuum d'écocide » au Vietnam.
Zohra Opoku
Née en 1976 en ex-République démocratique allemande (RDA), Zohra Opoku est une artiste germano-ghanéenne. Son travail explore la façon dont les contextes politiques, historiques, culturels et sociaux influencent la construction des identités de chacun. Ses parents se rencontrent en 1975 à l’université près de Leipzig, en RDA, dans le cadre d’échanges universitaires mis en place par Kwame Nkrumah. Quelques mois après la naissance de l’artiste, son père retourne au Ghana. Zohra Opoku est élevée par sa famille maternelle. Devenue artiste, Zohra Opoku réactive des perles, tissus de cérémonie et photographies hérités de son père. L’artiste sérigraphie ces dernières sur des tissus anciens, avant de les broder, puis de les assembler. Ses œuvres s’inspirent des étapes de son existence : souvenirs d’enfance, expérience de la maternité, exploration de son africanité et épreuve de la maladie.
Tjaša Rener
Née en 1986 en ex-Yougoslavie, Tjaša Rener s’installe au Ghana en 2013 dans un village au bord du lac Bosumtwi, avant de s’établir à Accra, la capitale, en 2016. Elle explore dans son travail comment les récits personnels et les héritages politiques peuvent se rencontrer, ouvrant des espaces de réflexion collective et transnationale. En 2022, elle crée une galerie miniature devant son atelier, dans un quartier populaire d’Accra, proposant aux passants une programmation d’expositions dans un format réduit. En 2023, Tjaša Rener participe à la Biennale des arts graphiques de Ljubljana et y présente l’installation Place We Call Home (2023). L’œuvre explore les relations entre le Ghana et l’ex-Yougoslavie.
Dans l’installation Between Arrival and Belonging (2026), elle réunit des documents et photographies éclairant les migrations politiques et affectives des pays non-alignés.
Bénédicte Savoy
Bénédicte Savoy, ancienne élève de l’École normale supérieure, est depuis 2009 professeure d’histoire de l’art à l’université technique de Berlin, où elle est titulaire d’une chaire consacrée à l’« Histoire de l’art comme histoire culturelle ». Elle est l’auteure de nombreux ouvrages portant notamment sur l’histoire culturelle et sociale des arts, sur l’histoire des musées et sur les questions de spoliations artistiques. En 2018, elle a publié avec Felwine Sarr Restituer le patrimoine africain (Le Seuil/Philippe Rey, 2018). Bénédicte Savoy est membre de l’Académie des sciences de Berlin. Elle a obtenu en 2016 le prix Gottfried Wilhelm Leibniz de la Deutsche Forschungsgemeinschaft.
Ced’art Tamasala
Ced’art Tamasala est membre du Cercle d’Art des Travailleurs de Plantation Congolaise (CATPC). Fondé en 2014 en République démocratique du Congo, le CATPC réunit artistes et ouvriers agricoles des plantations de palmiers à huile et de cacao. Concevant l’art comme un outil de libération économique et politique, le collectif finance, grâce à la vente de ses œuvres, le rachat de terres agricoles et la création d’un centre d’art, le White Cube, qu’Ibrahim Mahama a recouvert d’une installation de sacs de jute en 2022. Le CATPC présente dans l’exposition des œuvres conçues avec les produits de la plantation : sculptures en cacao et broderies sur les toiles de jute issues de la collaboration avec Ibrahim Mahama.
Feda Wardak
Né en 1991 à Peshawar, au Pakistan, l’artiste et architecte franco-afghan Feda Wardak interroge dans son travail les effets de l’extractivisme et des legs impérialistes sur les milieux habités. Depuis 2012, il traite des effets des conflits armés sur les systèmes traditionnels de gestion d’eau dans le district rural de Jaghatu, dans l’est de l’Afghanistan. Feda Wardak entreprend la réparation collective de karez, réseaux souterrains d’irrigation millénaires, endommagés par les bombardements. Cet engagement se traduit en œuvres, qui rejoignent la série Chercheurs d’eau entamée par l’artiste en 2024. Le travail de Feda Wardak témoigne d’une autre temporalité, celle du sous-sol où s’organise la résistance paysanne. Feda Wardak appréhende l’architecture comme un outil à la fois politique et collectif à travers formes visuelles, chorégraphiques, cinématographiques ou sonores, engageant réparation, préservation et devoir de mémoire.
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