Octobre 2017 › février 2018

Dans ses œuvres architecturales qu’il compare volontiers à des paysages, des nuages ou des forêts, l’architecte japonais Junya Ishigami fait disparaître la frontière entre environnement extérieur et espace intérieur.
Puisant son inspiration dans la nature et revendiquant une part de rêve dans ses créations, il érige la délicatesse au rang de vertu. À l’invitation de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Junya Ishigami conçoit une exposition dévoilant à une échelle inédite ses recherches les plus récentes sur la liberté, la fluidité et le futur en architecture. Véritables sculptures, les immenses maquettes qu’il crée pour l’exposition retracent l’élaboration d'une quinzaine de projets, de leur genèse à leur complexe processus de réalisation. Au sein du bâtiment de Jean Nouvel, elles font apparaître un nouveau paysage dans lequel le visiteur est invité à pénétrer, à se promener.
Né en 1974 dans la préfecture de Kanagawa au Japon, Junya Ishigami appartient à la jeune génération d’architectes japonais qui a émergé dans les années 2000 dans le sillage de Toyo Ito et Kazuyo Seijima, et à laquelle le MoMA a récemment consacré une grande exposition. Formé à l’université des Beaux­Arts de Tokyo, il fait ses armes en tant qu’architecte au sein de l’agence SANAA avant de fonder junya.ishigami + associates en 2004. Poétique et conceptuelle à la fois, son œuvre semble s’affranchir des contraintes et des règles de l’architecture. Elle est rapidement reconnue pour sa singularité et couronnée par de nombreux prix, notamment le Lion d’or de la Biennale d’architecture de Venise en 2010. Parmi les projets de grande envergure de Junya Ishigami, figurent la construction en 2008 de l’Institut de technologie de Kanagawa au Japon, un bâtiment exceptionnel par sa légèreté et la continuité qu’il offre entre espace intérieur et environnement extérieur. En 2011, il se voit confier la restauration et la transformation en musée­jardin du musée polytechnique de Moscou, dont l’achèvement est prévu en 2018. En 2014, il remporte le concours de la « House of Peace » à Copenhague, en imaginant un immense bâtiment en forme de nuage reposant sur l’eau, conçu comme un symbole de paix. L’artiste a par ailleurs créé de nombreuses installations in situ, notamment au musée d’art contemporain de Tokyo en 2007 et à la Barbican Art Gallery de Londres en 2011. Son projet How Small? How Vast? How Architecture Grows, conçu pour une présentation à la Shiseido Gallery à Tokyo en 2010
et présenté à Arc en Rêve en 2014, a rejoint les collections du Centre Pompidou en 2016.

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